mercredi 14 août 2013

Quelle rentrée scolaire bien remplie!



Lors de la première journée d’école, plusieurs différences ont surpris les voyageurs. La première surprise fut la cérémonie présentée tous les lundis. Pour cette occasion, tout le Colegio est présent à l’agora de l’école afin d’écouter un mot des directeurs, d’assister à la parade et à une petite scénette, une mise en contexte afin de rendre la parole de Dieu plus accessible aux jeunes d’aujourd’hui. Suit ensuite la prière du jour… La « banda » (fanfare) du Colegio joue différents hymnes et les élèves et enseignants chantent la main sur le cœur. Tout est très discipliné, protocolaire, pratiquement militaire. Rythmé par les cris du maitre de cérémonie, tous se lèvent (ACCIÓN!!!) et s’assoient (DESCANSO!!!). Nous avons constaté la fierté, le patriotisme péruvien à son meilleur. C’était très impressionnant, mais en classe la réalité est tout autre…

El Colegio selon Marina

« Au Collège international de Arequipa, les élèves sont séparés par groupe selon leur niveau. Par exemple, pour les sec 1, c’est 1A et 1B. Sec 2, c’est 2A et 2B, etc. Les cours se donnent tous dans la même classe sauf pour les cours d’espagnol, de math et d’arts. Ce sont les profs qui se déplacent pour nous enseigner. Le cours d’anglais est vraiment facile pour nous et nous aidons même nos guides. Plusieurs profs nous font participer et on se sent inclus dans le groupe. La cérémonie du lundi est fort intéressante à regarder. Les élèves marchent comme des soldats et jouent de la musique. Ils le font pour leur collège, pour leur ville Arequipa et pour le Seigneur. Se retrouver dans un lieu tellement différent du nôtre est très enrichissant. Nous ne regrettons en rien le voyage que nous faisons. Nous souhaitons seulement que ça ne passe pas trop vite. Ça fait déjà deux jours que nous allons au Collège, mais on est bien ici et les élèves nous adorent autant que nos familles. »


Chaque matin, tous les élèves doivent assister à la messe. Par la suite, ils vont à leur premier cours. Les élèves se lèvent pour saluer l’enseignant « Buenos días Miss Melvin ». Les Péruviens aiment beaucoup parler, même si un enseignant se démène à l’avant de la classe pour leur dispenser les précieuses connaissances propres à sa matière. Évidemment, certains enseignants sont moins tolérants que d’autres et exigent une posture irréprochable (genoux collés et dos droit) et une écoute totale (yeux au tableau en tout temps). Mais en général, si vous marchez dans les corridors durant les heures de cours, on jurerait être dans un centre d’achats… Malgré cet environnement plutôt bruyant, les élèves réussissent très bien. C’est une douce musique traditionnelle qui signifie la fin ou le début des cours, contrairement à notre cloche…

El Colegio selon Camille Pitre
« Le Colegio est très différent de notre école. Les règles sont très strictes : tout le monde doit porter l’uniforme, les filles ne peuvent pas se maquiller et avoir du vernis à ongle, elles doivent aussi avoir les cheveux attachés. Même que certains directeurs ne sont là que pour s’assurer que les règles sont appliquées. Ils sont également beaucoup plus religieux que nous : tous les matins, il y a une petite messe et les lundis, il y a une cérémonie avec une fanfare et des prières. Malgré ces différences, les élèves nous ont tous très bien accueillis! Ils sont très sympathiques et n’arrêtent pas de nous poser des questions en classe, même quand le professeur parle…  Nous avons aussi été vraiment bien accueillis dans nos familles. Elles sont aux petits soins avec nous et nous avons tous l’impression de faire partie de leur famille. »

Pour souligner l’arrivée des Québécois à Arequipa, les parents ont organisé un souper de bienvenue dans un restaurant chic ou toutes les familles étaient réunies (incluant les frères et sœurs). Au menu, un plat très « traditionnel »: du poulet farci aux asperges dans une sauce à l’orange et un gâteau au fromage… Pour la découverte des plats typiques, ce sera pour une autre fois! Sachez par contre que « el pollo » (poulet) sera plus que souvent au menu, mais apprêté tout autrement.



Le père péruvien de Simon s’est improvisé maitre de cérémonie afin d’animer la soirée, donnant la parole à différents intervenants qui venaient témoigner de leur gratitude et enthousiasme à participer à cet échange Arequipa-Québec (parents, élèves péruviens et québécois, enseignants). Ce fut un souper un peu formel pour commencer, mais qui s’est vite transformé en fête lorsque des danseurs de danses traditionnelles se sont présentés et ont fait participer les membres de l’auditoire. Les voyageurs québécois ont ensuite insisté afin de faire prévaloir leurs droits et partager un peu de notre « culture québécoise » en priant le DJ de faire jouer « Cotton Eye Joe » afin d’initier les Péruviens à cette fameuse danse « folklorique »… Nous avons également surpris les Péruviens en dansant sans faute technique la « Macarena ».




Après une journée tranquille au Colegio, Péruviens et Québécois se sont retrouvés pour dîner à l’école avant de partir pour l’orphelinat « Casa Hogar ». C’est la cinquième année que le Padre José reçoit le groupe de voyageurs québécois à l’orphelinat et, encore une fois, nous avons vécu de merveilleux et touchants moments qui resteront gravés dans notre mémoire. Les élèves québécois sont allés à l’orphelinat avec des valises pleines de vêtements, jouets, matériel scolaire que nous avions apportées du Québec, et les familles péruviennes se sont unies pour acheter de la nourriture (sac de riz, sac de sucre, huile de cuisson, etc…). C’est bien peu compte tenu des besoins qu’ils ont, mais les enfants et Padre José nous ont remerciés avec tant de chaleur que nous avions l’impression de leur apporter la lune.


Les enfants qui vivent dans cet orphelinat n’ont pas eu la vie facile, malgré le fait qu’ils soient très jeunes encore. Par exemple, Pedrito est né à l’orphelinat, mais sa mère est également sa sœur. Certains étaient de petits voleurs, mendiaient dans la rue, tandis que d’autres ont été victimes du trafic d’enfants qui sévit en Amérique du Sud. Heureusement, Padre José les a accueillis à la maison afin d’en prendre soin, afin de leur transmettre la parole de Dieu, afin de leur offrir la possibilité d’aller à l’école, afin de donner un sens à leur vie. D’ailleurs, tous les enfants se sont présentés au groupe en mentionnant ce qu’ils voulaient devenir plus tard : médecin, architecte, professeur, ingénieur et… princesse!


L’orphelinat par Laurie-Ann
"Aujourd’hui, nous sommes allés visiter un orphelinat à Arequipa. Par où commencer... C’est si difficile d’en parler! Tout était émouvant! Je ne peux pas dire « triste » parce que ces enfants étaient tellement heureux de nous voir! En arrivant, on nous a pris par le bras et les enfants nous ont fait visiter leur maison dont ils sont si fiers. À ce qu’on a pu comprendre, les seuls qui s’occupent des 34 enfants sont les deux parents (Jose et Gloria) et leur tutrice! Le seul revenu qu’ils ont est celui du papa et de la maman, ce qui est loin d’être suffisant! C’est pourquoi nous avons apporté de la nourriture et des cadeaux pour les enfants. Nous leur avons préparé chacun un petit quelque chose en arrivant. Nous avons essayé d’y aller en fonction de leurs goûts. Tous ont reçu une brosse à dents, du dentifrice, du matériel scolaire, des jouets et quelques vêtements.  Impossible de décrire la joie dans leurs yeux! Un lien entre nous et les enfants s’est immédiatement créé. Nous avons joué au soccer et à la « tag », nous nous sommes balancés, nous avons glissé et tout ça les rendait plus heureux que jamais! Ces enfants sont chanceux dans leur malchance, car ils ont un toit et ont aussi de bons tuteurs. Malgré toutes ces tristes histoires d’enfants abandonnés dans la rue, ils sont très attachants. Certains nous ont tenus la main très fort du début à la fin, d’autres nous faisaient des « colles » avec une force incroyable. Quitter Jorge, Aracelli, Mateo, Yoseline, Solange et tous ces magnifiques enfants fut une torture. Nous leur avons dit à quel point nous les aimions et que maintenant, ils avaient des amis au Québec. C’est vraiment une expérience qui nous fait réaliser énormément de choses. Nous ne réalisons pas toujours à quel point nous sommes chanceux."

Après avoir reçu les confidences du Padre José, nous avons su que l’orphelinat vit actuellement des moments difficiles. En décembre dernier, deux enfants ont été kidnappés à l’orphelinat par des bandits armés, des trafiquants d’enfants. Cette situation a obligé le Padre à élever certains murs de l’orphelinat et faire installer un grillage électrique pour  plus de sécurité. Comme il n’a aucune subvention du gouvernement, c’est financièrement très difficile. De plus, une loi a été voté au Pérou qui oblige les établissements de ce genre à fournir l’assistance de spécialistes (psychologue, travailleur social, infirmière, etc.). 

Le peu d’aide que nous avons pu offrir nous semble minime face aux besoins qu’ils ont réellement, mais nous rend fiers d’avoir contribué à leur bonheur.


Le départ fut déchirant pour plusieurs, car l’affection démontrée par les jeunes orphelins nous a un peu transformés, donnant le goût à plusieurs d’y retourner, ou mieux, de faire davantage pour eux.






Anecdotes en rafale :
Carol-Ann a assisté à une scène mémorable lors d’un cours. Un élève a apposé de la colle sur la chaise d’un « ami » (quand on a des amis comme ça…) qui était sorti de la classe et à son retour… nous vous laissons deviner la suite… Conséquence de l’enseignante : nada.

Les élèves péruviens de l’école primaire veulent pratiquer leur anglais avec nous. Ainsi, nous avons eu droit à : « Welcome to the dogs… », « Welcome to the MacDonald », « Hello Negga »… À suivre.

Après avoir dîné à 16h00 d’un léger repas (viande, patates viande, légume, viande, copieux dessert), nous étions attendu 3 heures plus tard pour le souper de bienvenue…



Catherine a offert une délicieuse confiture de bleuets à sa famille péruvienne. Quelle ne fut pas sa surpris d’avoir comme lunch un sandwich… à la confiture de bleuet?!?!


William a dit à sa famille « Me gusta el gato por el postre » pour leur dire qu’il aime les gâteaux en dessert. Toute sa famille s’est alors retourné vers le  chat avec inquiétude… Il faut savoir que gato veut dire chat en espagnol.



Un élève dit à Carol-Ann « Qué linda ». Celle-ci de répondre « Désolée, je ne la connais pas.» alors que linda veut dire jolie


2 commentaires:

  1. Wow, wow! Quel super blogue! J'adore vous lire (Alex, c'est toi qui écris ou je me trompe?), vous m'avez presque fait pleurer et j'ai ri! Bravo!

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  2. J'adopterais bien une petite future princesse de l'orphelinat . Bravo pour les beaux moments que vous leur avez procurés.

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